L'obsession de la minceur

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Été rime avec sable, soleil, popsicle et bikini. Oui, oui, bikini. N’est-il pas si joli sur papier glacé, cachant tant bien que mal le corps d’un mannequin qui ne mange probablement pas à sa faim? Devant le miroir de la cabine d’essayage, il est pourtant décevant. Évidemment, c’est votre corps qui est dans l’erreur et il faut le faire fondre au plus vite! … Et si jamais c’était le magazine de mode qui était dans l’erreur?            

 

Les médias nous bombardent d’images de corps féminins soi-disant parfaits : comme si la minceur et la jeunesse étaient la clé du bonheur. «Au Québec, près de 50 % des femmes de poids normal souhaitent maigrir, alors que 70% des  adolescentes font des efforts répétés pour contrôler leur poids et qu’une fillette de neuf ans sur trois a déjà tenté de perdre du poids», révèle une enquête de l’Institut de la statistique du Québec.La préoccupation excessive à l’égard du poids et la course à la minceur qu’elle génère a des répercussions importantes sur la qualité de vie des femmes. Plus que l’anorexie et la boulimie, des troubles du comportement alimentaire (TCA) minent l’estime personnelle et la santé de bien des jeunes femmes, sans même qu’elles ne le sachent. «Par exemple, l’orthorexie est un terme peu connu, révèle la nutritionniste Audrey Langlois, mais c’est un TCA très répandu qui se traduit par une obsession de manger sainement.»La personne atteinte peut passer plus de trois heures par jour à l’épicerie pour s’assurer de choisir le meilleur produit possible. Il est aussi courant que cette dernière planifie ses repas uniquement en fonction de la valeur nutritive des aliments, sans se soucier du plaisir de déguster. «Quand on renonce à des aliments relativement sains qu’on aimait, quand l’alimentation prend toute la place, c’est des signaux d’alarmes qui mènent à l’orthorexie » constate Mme Langlois. Si une bonne habitude alimentaire peut dégénérer en obsession, c’est aussi le cas avec les mauvaises habitudes.Nutritionniste au Centre de santé Maria-Chapdelaine, Marie-Ève Girard traite régulièrement des cas d’hyperphagie. «Que ce soit suite à un stress ou à de grosses émotions, la personne va ingérer une grande quantité d’aliments sur une courte période dans une perte totale de contrôle» explique-t-elle. Un trouble qui ressemble beaucoup à la boulimie, mais sans les comportements compensatoires tels que les vomissements, les laxatifs ou l’hyperactivité sportive. «Habituellement, lorsqu’on fait de l’hyperphagie, il y a une cause derrière ça, ajoute Mme Girard. C’est un problème psychologique à la base. » Unanimes, les deux nutritionnistes qualifient ces troubles de compulsifs et affirment qu’un soutien psychologique est requis. Si l’obsession de la minceur fait des ravages au niveau physique, elle peut aussi détruire quelqu’un au niveau psychologique. L’estime personnelle est fragile, surtout dans une société où l’apparence est considérée avec autant d’importance. Le titre du magazine Audacieuses, le défi d’être soi est révélateur. Un slogan idéal qui mériterait d’être affiché dans toutes les cabines d’essayage des magasins de maillots de bain. 

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UN MAGAZINE FÉMININ DIFFÉRENT

Audacieuse, le défi d’être soi est un document de sensibilisation et d’action à tirage unique distribué pour la Campagne d’action nationale sur l’image corporelle des femmes du Réseau Québécois d’action pour la Santé des Femmes (RQASF). On y trouve de nombreux articles expliquant les effets de la publicité sur l’image de la beauté et le corps de la femme. On y apprend sur l’histoire des formes féminines de même que sur la chirurgie esthétique ou la peur du regard de l’autre. Cette publication présente de nombreuses ressources : des quiz sur l’estime de soi et des conseils pour construire l’image de soi afin de s’aimer vraiment et de cesser d’essayer de refaçonner son corps pour le conformer à une image artificielle et stéréotypée de la beauté.

 

     

Mis à jour ( Mercredi, 23 Septembre 2009 15:48 )
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