Le mot de la fin

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 Véronique Voyer, Fondatrice et rédactrice en chef Comme toute bonne chose a une fin, c’est l’heure de tourner la page, de passer le flambeau. Étudier en ATM, ce n’est pas éternel.

Après trois ans, il faut voir plus loin et former la relève dès maintenant pour qu’un Obtus solide et vivant persiste dans les murs du Collège.
 

Je voudrais le dire avec le sourire. Mais, c’est un mélange d’espoir et de tristesse qui m’habite… Comment ça s’appelle? La nostalgie? La mélancolie? Mmmm… Mélancolique, parce que c’est comme laisser son enfant voler de ses propres ailes. Même si ça semble unique, ça fait partie de la vie de chaque parent. Lâcher prise et faire confiance : ordinaire, vraiment? Non.
 

L’énergie, le temps, les compromis, les promesses et puis le résultat et la re-re-re-vérification… Non, au final, c’est tout sauf banal.
 

C’est après coup qu’on réalise tout le temps qu’on aurait pu mettre, mais aussi tout le temps qu’on y a mis. Toutes les choses qu’on aurait pu faire autrement et puis, celle qui sont arrivées, tout simplement, comme par magie. Et là, tout ce qui reste à dire, c’est merci. À qui? À l’équipe. Parce qu’ensemble, on a BEAUCOUP appris.
 

Un apprentissage mis en commun, ou plutôt multiplié par toute une poignée d’étudiants qui ont décidé de s’investir dans cette folie. Comme quoi il suffit d’y croire, d’être lucide, et une idée peut passer du rêve à la réalité. Pour être franche, j’avais peur d’écrire ces lignes. J’ai laissé traîner, jusqu’au moment fatidique, la veille de la date de tombée. Syndrome de la page blanche, que ça s’appelle. Je me suis couchée et j’ai repoussé encore et encore jusqu’à ce qu’il ne reste que 45 minutes pour écrire, le temps d’arriver à l’heure au cours entre un devoir et un sandwich. Un papier de dernière minute?

 Non, c’est un travail de longue haleine. Un thème qui me traîne en tête depuis la première réunion de production de cette édition. Une manière de dire, une phrase éloquente qui me fait sourire, entre la piscine et l’appartement, les cheveux mouillés, craignant de mourir d’hypothermie la prochaine fois que j’oublie ma tuque et mon séchoir à cheveux. Puis, c’est finalement un angle de traitement que j’ai fini par cibler, après avoir beaucoup hésité. Suivront des variations sur le thème pour donner du rythme et du corps à ce post-mortem. Ça prend de l’audace pour croire que son opinion est assez importante pour être publiée. Le journaliste partage des faits et cite des gens importants. Contrairement au rédacteur en chef qui a la lourde tâche de se prononcer sur ce qui influence la société.
 

Comme j’aime beaucoup trop la poésie des mots, mes éditoriaux se sont étiolés entre chronique, essai, opinion et fait. Un mélange plus ou moins homogène de scandales et d’émotions qui flirtent autant avec la politique que les citations qui m’inspirents, encore et toujours. Et puis voilà, c’est déjà la fin.
 

Bonne chance, Mélissa, soit ferme avec ceux qui ne respectent pas les dates de tombée! N’aie pas peur d’innover et surtout profite du moment, c’est sûrement le plus beau poste qui existe que d’avoir la chance de s’exprimer librement mensuellement.
 

Prends bien soin de L’Obtus, il refait peau neuve sur le plan graphique et je te fais confiance pour la suite.
    

Mis à jour ( Mercredi, 03 Février 2010 11:12 )
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