Pour quel
ques-unes, c’est un gagne-pain, une façon de plus de vendre son corps. Pour d’autres, c’est simplement un sport, un passe-temps. Le débat s’enflamme lorsque, pour certaines femmes, la danse poteau est un recul du féminisme et quand, pour d’autres, c’est simplement une façon de s’accomplir.
La danse poteau est un véritable phénomène qui attire, depuis quelques années, de nombreuses jeunes femmes. À l’Université de la Colombie-Britannique, les étudiants peuvent choisir la danse poteau comme cours d’éducation physique.
La tendance ne s’isole pas seulement sur la côte-ouest du Canada. Selon un article paru sur canoë.ca, le Cégep de Saint-Jérôme aurait considéré le projet. C’est une ex-stripteaseuse qui avait apporté l’idée avortée à la dernière minute ; l’établissement jugeant l’éventuel cours «contraire à la mission éducative.»
Des pôles opposés
Les cours de danse poteau offerts à l’Université de la Colombie-Britannique, comme dans d’autres établissements indépendants de Montréal, n’ont absolument rien à voir avec la danse hyper érotique, comme proposée dans l’émission Pole dancing d’Anne-Marie Losique.
L’émission de télévision Enjeux avait réalisé un court documentaire sur le sujet, en avril 2007. Deux visions s’y opposaient.
«Je perçois la danse érotique comme une évolution. Ce n’est pas du tout une régression ! L’érotisme, toutes les femmes ont ça à l’intérieur d’elles-mêmes», affirmait l’initiatrice du mouvement à Montréal, Heather Downe lors de sa participation à l’émission Enjeux .
À l’opposé, Lilia Goldfarb, cheffe des services de leadership au Y des femmes de Montréal, la danse érotique va à l’encontre des luttes que portent à bout de bras les femmes depuis de nombreuses années. «L’image que la société est en train de véhiculer, c’est que pour être femme, il faut se comporter d’une certaine façon qui est sexuelle, mais sexuelle aussi selon les codes de la pornographie.»
Comme Alain Gravel l’a si bien résumé en introduction au documentaire d’Enjeux : «qui aurait dit que le débat féministe tournerait un jour autour… d’un poteau ? ». Danse érotique, danse poteau ou cardio-striptease, que ça plaise ou non, la mode du conditionnement physique sensuel n’est pas prêt de s’éteindre au Québec.



