
L’amour ou la raison? Le choix était déchirant mercredi soir à la salle Pierrette-Gaudreault. La troupe de théâtre La Rubrique a présenté Charles et Berthin, une histoire d’amour entre deux hommes à l’époque de Louis XIV où les homosexuels étaient brûlés vif par les fanatiques religieux.
11 mars 1672, Paris. Le premier acte nous propose la fin de l’histoire, les deux autres, le dénouement puis, l’origine. Le défi de conserver la cohérence dans une histoire à rebours est brillamment relevé par l’auteur Stephan Cloutier.
Christian Ouellet est lumineux dans son rôle du joyeux vagabond Berthin. Ce dernier s’éprend de Charles, le plus brillant acteur de la troupe d’un certain Molière. Malheureusement, le jeune homme est fiancé à Marie, campée avec brio par Émilie Jean. D’abord à Paris puis dans le château de Versailles et finalement sur la route des colonies de la Nouvelle-France, la pièce est une véritable excursion au siècle des Lumières. Tant par le langage parlé que par les costumes et la musique d’époque, on se laisse transporter dans la dure réalité de la dernière monarchie française.
La couturière Hélène Soucy a réalisé un travail de maître avec la création des costumes. Elle a créé des costumes avec plumes et jupons à l’instar de l’extravagance de l’époque en plus de s’inspirer des habits traditionnels portés durant les trois périodes historiques proposées par la pièce.
À travers l’histoire de Charles et Berthin, on découvre l’envers de la vie des comédiens du temps de Louis XIV ainsi que le triste destin de ceux à qui on vole le droit d’aimer.
Si l’histoire manque parfois de profondeur et que la nudité n’est pas toujours nécessaire, c’est vite oublié grâce à l’intelligence de la scénographie et la crédibilité du jeu des acteurs. Autre bon coup : on suit les protagonistes jusque dans la nervosité des quelques secondes qui précède leur entrée sur scène devant la cour royale grâce à un système d’éclairage ingénieux qui nous donne l’impression que la scène se trouve derrière les rideaux et la coulisse sur scène.
Sous-financement
« Merci à l’engagement des artistes et artisans qui compensent le sous-financement des arts par l’État», peut-on lire dans le programme de la pièce. Le Président d’honneur, Marc Savard rappelle l’importance de la culture dans notre société. Ce président de Fonderie Saguenay qui soutient financièrement La Rubrique encourage les autres entreprises de la région à investir dans l’art produit ici. Il souligne également le succès de la pièce «Une maison face au Nord» produit par cette troupe de théâtre l’an passé, qui est désormais en tournée pan-canadienne.



