Lors du week-end du match des Étoiles présenté au Centre Bell en 2009, les patrons du Journal de Montréal surprennent tout le monde, même leurs employés, en décrétant un lock-out. Un an plus tard, l’un des journalistes sportifs les plus respectés de la presse écrite, Bertrand Raymond, en a assez de cet arrêt de travail et décide de mettre fin à une longue et généreuse carrière.
Selon un de ses articles dans RueFrontenac.com en janvier dernier, l’année 2009 aura été la pire et la plus difficile à vivre. Les patrons n’ont d’ailleurs pas été tendres envers leur progéniture : « Au lendemain de ce lock-out décrété sauvagement, hypocritement dans la nuit, on a sonné à ma porte. Je savais qui c’était. Ça s’était passé de la même façon au Journal de Québec. Un huissier venait réclamer mon ordinateur et mon téléphone cellulaire »
Dès lors, M. Raymond songeait déjà au plan B : « Ce jour-là, j’ai su que je ne travaillerais jamais plus au Journal de Montréal. Je ne voulais plus jamais y mettre les pieds. Je ne me trouvais plus aucune affinité avec des gens qui me traitaient comme un criminel. » Les exclus ne baissèrent tout de même pas les bras et fondèrent le journal syndical électronique, RueFrontenac.com. M. Raymond eut donc l’occasion de prolonger son marathon dans les médias en passant par l’ère Internet.
Rétrospective de carrière :
Originaire de Chicoutimi, Bertrand Raymond commença sa carrière médiatique dans les années 60, alors qu’il occupait un poste au Progrès-Dimanche du Saguenay. En 1964, le Journal de Montréal l’enrôla dans ses troupes. Il devint rapidement une fierté journalistique en s’imposant comme chroniqueur de hockey à la belle époque des glorieux. Il obtint ensuite la rigoureuse tâche de directeur de section, avant de graduer à l’étape de columnist, mandat qu’il occupa 24 ans (le nombre de Coupes Stanley du Canadien, ironiquement). « J’ ai été le chroniqueur de hockey à une époque où le « beat » était la responsabilité d’un seul homme. On ne prenait pas de congé, de septembre à juin. On n’avait pas le droit d’être malade », déclare-t-il dans le même article.
M. Raymond termine son excursion, malgré d’autres projets en tête, en nous lançant un message avec beaucoup d’émotion : « Je vous dis donc au revoir et merci. On se quitte aujourd’hui comme de vieux amis qui ne s’étaient pas encore tout dit quand ce conflit est venu brutalement s’interposer entre nous. »Je tenais personnellement à honorer M. Raymond pour l’ampleur de son travail fait avec beaucoup de passion, année après années, malgré les moments difficiles auxquels il fut contraint!
Référence textuelle: http://ruefrontenac.com/bertrandraymond/16813-bertrand-raymond-a-la-retraite



